Oui, il existe une identité française !

19 décembre 2013 • Dans les médias, Identité • Vues: 1541

« Nous sommes […] avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » affirmait le général de Gaulle à Alain Peyrefitte en 1959. Un demi-siècle plus tard, le 5 janvier 2010, le ministre de l’immigration, de l’intégration et de l’identité nationale, Eric Besson, appartenant désormais au parti héritier du gaullisme, s’exprime en ces termes, lors du lancement du débat sur l’identité nationale : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion ; c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage ».

Comment expliquer un tel revirement en si peu de temps ? La France se définit-elle par une identité de peuple, de culture, de langue et de religion comme semble le suggérer le général de Gaulle, ou n’est-elle que le fruit de notre désir de vivre ensemble comme l’affirme l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy ? En d’autres termes, y a-t-il une identité française objective au-delà de l’addition de nos volontés subjectives ?

Dans son discours à la Sorbonne en 1882, Ernest Renan affirme qu’« une nation est une âme, un principe spirituel », constitué par « la possession en commun d’un riche legs de souvenirs » ainsi que par « la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis », ce qu’il appelle le « plébiscite de tous les jours ».

Ici se situe le juste milieu entre les deux extrêmes : d’un côté, une propension à figer la nation dans ses éléments constitutifs (le peuple, la langue, la culture) sans prendre en compte l’approbation des citoyens, de l’autre côté, une tendance à ne considérer que la volonté de chacun, sans référence à un héritage national, ce qui revient à fonder le lien social sur le vide et à instaurer un multiculturalisme qui peut dissoudre la nation.

C’est ce travers qui inspire la philosophie du dernier rapport sur l’intégration commandé par le Premier ministre, qui en a « salué la grande qualité » : chaque culture doit être mise sur un même pied d’égalité, sans considération des « droits historiques » de la culture française ….en France ! Selon les termes du rapport, il s’agit désormais de « faire France en reconnaissant la richesse des identités multiples » et en considérant que « l’héritage légué par les migrants au fil des âges fait partie de l’identité française ». Concrètement, cela signifie « la reconnaissance de toutes les langues de manière identique » souhaitée par les auteurs du rapport pour qui « la France devrait assumer la dimension “arabe-orientale” de son identité », notamment en valorisant l’enseignement de l’arabe ou d’une autre langue africaine dès le collège. L’interdiction du port du voile dans les écoles, jugée discriminatoire, devrait, selon les mêmes auteurs, être levée. Enfin, une «(re)mise à plat de l’histoire de France » permettrait de traquer les « figures incarnées » de héros qui sont trop souvent de « grands hommes mâles, blancs et hétérosexuels », au profit des nouvelles « dynamiques plurielles de la société » (comprendre toutes les minorités ethniques, culturelles ou sexuelles). Au final, cela reviendrait à institutionnaliser le communautarisme, en rupture totale avec notre tradition nationale comme avec le simple bon sens. On croit rêver !

Si la gauche radicale s’est toujours fait le porte-voix d’une pensée anti-française, il est, en revanche, surprenant de voir cette idéologie contaminer toute la gauche gouvernementale ainsi qu’une certaine frange de la droite, complexée à l’idée de devoir affirmer l’existence d’une identité française. Pour la gauche, il ne s’agit là que du développement continue de son idéologie, en même temps qu’une stratégie électorale visant à bénéficier des suffrages des nouveaux arrivants. Mais, pour la droite, il s’agit d’un reniement qui devrait nous faire réfléchir.

Sortons donc de ce faux dilemme qui consiste à renier notre identité de peur d’être identitaire et à ne plus aimer notre nation de peur d’en discriminer les étrangers. « Tu dois aimer la France parce que la nature l’a faite belle et parce que son histoire l’a faite grande » écrivait Ernest Lavisse dans son manuel scolaire en 1912. Vincent Peillon ferait bien de s’en inspirer dans ses programmes, lui qui chérit l’œuvre scolaire de la IIIème République !

Partager cette page

        

Tags: ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *