Marche pour la vie : les anti-IVG se lancent dans la bataille contre l’euthanasie

25 janvier 2015 • Dans les médias, Personne humaine • Vues: 1562

INTERVIEW – Porté par l'actualité sur la fin de vie, le mouvement espère rassembler un tiers de manifestants de plus que l'année dernière. Sa nouvelle porte-parole, Julie Graziani, mise sur «un tiers de manifestants en plus».
 

Rassemblement annuel des anti-IVG, la Marche pour la vie s'élancera dimanche de la place de la Bastille, à Paris. Cette année, le mouvement qui lutte contre l'avortement a décidé de rallier les opposants à l'euthanasie. Un sujet d'actualité alors que l'Assemblée nationale doit examiner en mars une proposition de loi sur la fin de vie. Le texte rédigé par les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP) et soutenu par le président de la République ne propose cependant pas de légaliser l'euthanasie ou le suicide assisté. 

Les militants pro-vie disent néanmoins craindre qu'il «ne serve de paravent à l'euthanasie» et pointent des «risques de dérives». Autre actualité, celle de l'affaire Vincent Lambert, cet homme tétraplégique en état de conscience minimale, dont le sort déchire sa famille. Alors qu'une décision de la CEDH (Cour européenne des Droits de l'Homme) est attendue dans cette affaire, la mère de Vincent Lambert, qui rejette l'arrêt des traitements, est attendue dans le cortège de la Marche pour la vie. Enfin, la loi Veil, promulguée le 17 janvier 1975, vient tout juste de fêter ses 40 ans.

Dans ce contexte, le mouvement qui a reçu le soutien du pape François espère rassembler plus de manifestants que l'année dernière, soit 40.000 selon les organisateurs et 16.000 selon la police. Sa nouvelle porte-parole, Julie Graziani, mise sur «un tiers de manifestants en plus», soit plus de 53.000 personnes. 

LE FIGARO – Pourquoi marcher dimanche, 40 ans après le vote de la loi Veil?

JULIE GRAZIANI – Le problème n'est pas la loi Veil, mais ce qu'elle est devenue. Nous ne sommes pas accrochés à une loi vieille de 40 ans! Nous dénonçons des projets actuels: l'évolution de la législation autour de l'avortement est liberticide. L'alternative à l'IVG pour une grossesse difficile est devenue impossible, avec le délit d'entrave. On ne peut plus proposer à une femme des solutions pour garder son enfant sans courir le risque de tomber sous cette législation. Les personnels de santé sont également menacés dans leur objection de conscience, dont le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes a demandé la suppression pure et simple! (Cette recommandation du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes n'a pas été suivie, NDLR). 

L'euthanasie a-t-elle remplacé l'IVG comme cheval de bataille du mouvement «pro-vie»?

Pas du tout. L'objectif principal du mouvement est la défense de la vie humaine. Aujourd'hui, celle-ci est attaquée à son commencement, avec l'avortement, et à sa fin, avec l'euthanasie. Ce n'est qu'un seul sujet, qui se divise en deux sous-catégories. La défense de la vie humaine est un ensemble cohérent. 

Vous sentez-vous en phase avec la société française ?

Les Français sont de plus en plus sensibles aux enjeux que nous portons. Si vous regardez les effectifs de la Marche pour la vie année après année, vous constatez une très nette croissance. Moi-même, je n'y étais pas allé avant l'année dernière. Je suis un pur produit de la société de consommation, ainsi que toute ma famille. Mais j'ai réalisé que l'avortement n'est pas ce qu'on m'avait raconté. Pendant toute mon adolescence, on m'avait asséné à l'école que le fœtus n'était qu'un «amas de cellules». Puis j'ai été enceinte, j'ai eu mon échographie au premier trimestre… Il y a un décalage entre la manière dont on présente l'avortement et la réalité. De nombreux Français s'en rendent compte. Le mur de l'idéologie ne suffit plus à les tromper. Cela va finir par craquer !

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