Manifeste de lancement de l’opération « 800 jours pour convaincre »

26 février 2015 • Notre manifeste • Vues: 8257

La France est à un tournant de son histoire, elle doit faire face à des défis inédits qui conditionnent son existence en tant que nation et déterminent le modèle de civilisation qu’elle entend promouvoir. Si rien n’est fait pour endiguer la situation où elle se trouve, la France pourrait, dans les décennies qui viennent, sortir de l’histoire et basculer dans le chaos.

Notre pays doit d’abord affronter une vague migratoire sans précédent dans son histoire. Terre d’accueil, la France a toujours constitué un carrefour culturel entre l’Europe du Nord et le bassin méditerranéen, et son identité s’est forgée au cours de l’histoire, par de multiples apports successifs, qu’il s’agisse des invasions vikings en Normandie, de l’occupation anglaise du Sud-Ouest pendant la guerre de Cent ans, ou encore de la Renaissance italienne qui a laissé de profondes traces dans notre patrimoine culturel.

Mais, à chaque fois, ces influences successives finissaient par s’incorporer à l’héritage national en lui apportant le meilleur d’elles-mêmes. D’abord parce que le fonds culturel était le même, l’immigration provenant avant tout du monde indo-européen. Ensuite parce que nos gouvernants, qu’ils fussent rois ou présidents, ont toujours eu à cœur l’unification politique et culturelle de notre territoire qui, sans eux, n’aurait jamais constitué une nation. Ce fut la lente et saine obstination des Capétiens, poursuivi et accéléré jusqu’à nos jours par les Républicains. Enfin, parce que le nombre de migrants n’avait, jusqu’alors, jamais bouleversé les équilibres démographiques de notre pays, au point de compromettre sérieusement le succès de toute entreprise d’assimilation.

Aujourd’hui, l’immigration extra-européenne amène sur notre pays un nombre de plus en plus important de personnes ne partageant pas le fonds judéo-chrétien de notre nation. Le phénomène s’accélère au point de n’être plus contrôlé par les pouvoirs publics. Victimes d’une idéologie mondialiste les conduisant à perdre le sens de la nation, nos dirigeants ont renoncé à vouloir assimiler les minorités à nos cultures et nos traditions, pour se complaire dans un « vivre ensemble » incantatoire, artificiel et vide de sens. Ce renoncement mortifère, qui conduit tout droit au multiculturalisme, prend une tournure d’autant plus grave que notre pays, profondément divisé depuis 1789, ne s’est toujours pas réconcilié avec son histoire et n’arrive pas à assumer une identité traumatisée par l’hécatombe de la Première guerre mondiale et culpabilisée par le régime de Vichy et l’héritage colonial.

À terme, c’est l’existence même de notre nation qui pourrait se trouver en péril si l’on continue à ignorer ces tensions culturelles et à invoquer, pour seul rempart, une laïcité devenue le sombre visage du nihilisme. Car, dans son acception actuelle, la laïcité ne signifie plus la non-immixtion de l’État dans les affaires des cultes, elle est devenue une religion négative prohibant tout héritage religieux dans l’espace public. Ce faisant, elle devient un facteur de déculturation qui accroît le malaise identitaire des Français qui ont le sentiment d’être dépossédés de leur histoire au profit d’un grand magma culturel informe.

Au-delà même de notre identité, c’est l’héritage de notre civilisation qui est en jeu, et avec elle, les principes universels qu’elle tire du Christianisme : l’égale dignité de toute personne humaine, le sens de l’altérité conjugale, la monogamie familiale, la liberté de conscience et d’éducation des enfants, la défense des plus fragiles, le sens du sacré et la recherche de la vérité. C’est ce socle commun, foulé aux pieds par l’actuelle majorité, qui doit être préservé et sauvé. 

Le deuxième défi est d’ordre institutionnel. Notre pays doit retrouver des pans entiers de sa souveraineté trop facilement cédés à une Europe technocratique vidée de sa substance, et assumer pleinement les tâches d’un État régalien : diplomatie et défense à l’extérieur, sécurité et justice à l’intérieur. Cela suppose de respecter rigoureusement un principe de bon sens qui veut qu’une décision se prenne au plus proche des personnes auxquelles elle a vocation à s’appliquer. C’est ce principe de subsidiarité qui doit guider la réforme de l’État dans son rapport avec les régions, départements et communes d’un côté, et avec l’Europe de l’autre côté. De même, l’État doit cesser de s’appeler "Providence" en voulant pourvoir à tous les besoins, pour se recentrer sur ses missions régaliennes, ce qui permettra d’alléger le poids de la dépense publique.

C’est enfin sur le plan économique et social que des décisions doivent être prises. Dans ce domaine, il n’y a plus de place pour des demi-mesures car le besoin de réformes se fait cruellement sentir. Certes, nous n’affirmons pas, comme les penseurs matérialistes, que l’économie constitue l’unique clé du redressement national. La réforme est d’abord « intellectuelle et morale » pour paraphraser Renan ; elle est même spirituelle, si l’on part du principe que l’homme, – n’en déplaise à Marx -, ne se réduit pas à 80 kg de matière. Cependant, on ne pourra pas garantir les conditions d’une authentique renaissance sans mettre en œuvre un certain nombre de réformes clés permettant de retrouver le chemin de la prospérité et de garantir le plein-emploi. Cela passe par une réforme fiscale de grande envergure, un assouplissement du code du travail, une maîtrise des dépenses publiques, ainsi qu’une plus grande liberté accordée à tous les corps intermédiaires (entreprises, associations, etc…) dans lesquels se déploient la singularité de chacun et le génie collectif de tous.

Héritière d’une civilisation, la France doit donc aussi être capable de se réformer en profondeur : le progrès doit se déployer dans le respect de nos traditions, et l’initiative s’enraciner dans la fidélité à nos valeurs.

Il est malheureusement à craindre que ces réformes, que la France attend depuis 40 ans, ne seront pas menées à leur terme, sans une initiative de notre part pour les promouvoir. Victimes de leur consanguinité intellectuelle, les élites politiques s’enferment en effet dans une pensée qui, faute d’être nourrie par une vision spirituelle de l’homme et de la société, en est réduite à promouvoir des arrangements de court terme, fruits des rapports de force électoraux, qui ne parviennent pas élever le débat public au niveau où le requiert le bien commun de la nation. Or, plus que jamais, la France a besoin de réformes cohérentes qui s’inscrivent dans une vision de long terme et transcendent les clivages politiques et les compromis d’hémicycle.

C’est pourquoi, nous voulons peser sur les futurs candidats à la Présidentielle en publiant, chaque mois jusqu’en 2017, les contours d’une réforme-clé dont la France aurait besoin pour se redresser. Près de 800 jours nous séparent de l’élection présidentielle. C’est à la fois beaucoup et rien du tout. Nous voulons utiliser au mieux ce temps pour participer à la bataille des idées et rallier un maximum de nos concitoyens à nos thèses. Tel est le sens de l’opération « 800 jours pour convaincre » que nous lançons aujourd’hui.

Réunis au sein du collectif Phénix, issus de la société civile comme du monde politique, nous sommes animés par la volonté de faire sortir la France de sa léthargie actuelle, comme le Phénix renaît de ses cendres. C’est l’amour seul de la France qui est le moteur de notre engagement et explique l’espérance confiante que nous plaçons dans sa destinée. « L’avenir est quelque chose qui se surmonte » disait Bernanos. « On ne subit pas l’avenir, on le fait ». Tel est le sens de notre action. 

Signez notre Manifeste
 Je signe le Manifeste du collectif Phénix

Votre nom (obligatoire)

Votre prénom (obligatoire)

Votre code postal (obligatoire)

Votre email (obligatoire)

Un commentaire

Partager cette page

        

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *