Manif pour tous : «Au moins, Manuel Valls ne nous traite plus d’extrémistes»

3 octobre 2014 • Dans les médias, Famille • Vues: 1176

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Julie Graziani a interpellé Alain Juppé dans Des Paroles et des actes sur la loi Taubira. Elle réagit à l'interview publiée ce matin de Manuel Valls, dans laquelle il réitère son opposition à la GPA.

Julie Graziani est porte-parole d'Ensemble pour le bien commun, une association de jeunes laïcs catholiques notamment à l'origine de la supplique présentée au pape François.
 

FigaroVox: Vous avez interpellé Alain Juppé hier sur le plateau de Des paroles et des actes au sujet du mariage pour tous. Après un échange assez vif, il s'est engagé à réécrire la loi Taubira pour empêcher la PMA et la GPA. Êtes-vous convaincue? 

Julie GRAZIANI: Ce dont je suis convaincue c'est qu'il faut maintenir la pression et marteler qu'en l'état de sa rédaction cette loi est une loi de contournement des interdictions de la PMA et de la GPA, qui demeurent interdites en théorie et qui sont désormais autorisées en pratique. L'échange d'hier a montré qu'en révélant ce caractère intrinsèquement frauduleux de la loi Taubira on oblige les hommes politiques à reconnaître qu'il n'est pas envisageable de laisser cette loi en l'état. Vous savez, les hommes politiques n'ont que le courage qu'on leur donne et ne tiennent leurs engagements que si on les leur rappelle régulièrement.

Dans un entretien au journal la Croix, le premier ministre annonce que la GPA sera interdite en France. S'agit-il d'une vraie victoire ou d'un recul temporaire de Manuel Valls avant la Manif de dimanche? 

Manuel Valls n'annonce rien de concret ni de neuf, puisqu'en théorie la GPA est déjà interdite et qu'en pratique elle est tolérée. Comment compte-t-il s'y prendre? S'il s'engage lui aussi à réécrire la loi Taubira on avance ; sinon on est dans l'effet d'annonce. Cette déclaration a au moins le mérite de reconnaître que la manifestation de dimanche se tient pour un juste motif. C'est appréciable quand on se rappelle qu'il nous traitait il y a quelques mois encore comme des extrémistes.

Ces propos interviennent après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour son refus de transcrire les actes de filiation d'enfants nés par GPA à l'étranger, une décision qui n'a pas fait l'objet d'appel. Comprenez-vous cette décision?

 

 

Bien sûr je la comprends, et c'est toute la perversité du système mis en place par l'inter-LGBT qu'elle met en lumière. Ces gens-là conçoivent des orphelins pour les rendre adoptable, puis placent tout le monde, et l'enfant le premier, devant le fait accompli en invoquant son intérêt à être adopté. C'est d'un cynisme glaçant. Ils piétinent l'intérêt de l'enfant en le privant de son père ou de sa mère, puis invoquent l'intérêt de l'enfant pour l'adopter. Un principe fondamental du droit dit que «nul ne peut se contredire au détriment d'autrui». C'est ce que fait l'inter-LGBT.

Si la France n'a pas fait appel de la décision de la CEDH, c'est parce que «nous pensons que les enfants ne sont pas coupables du mode de conception que leurs parents ont choisi», a argumenté la secrétaire d'Etat à la famille Laurence Rossignol. A-t-elle raison de ne pas vouloir pénaliser les enfants? 

Les enfants ne sont jamais coupables d'avoir des parents toxiques. Faire le choix d'un mode de conception qui prive l'enfant de son père ou de sa mère c'est causer une injustice à cet enfant et commettre un abus de pouvoir. La question n'est pas de pénaliser les enfants, les pauvres, mais de sanctionner efficacement ceux qui se permettent ces pratiques. Aujourd'hui la loi Taubira récompense ces pratiques en faisant de la complice de l'infraction la mère adoptive.

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