Fin de vie – Julie Graziani : « on fait fausse route »

22 janvier 2015 • Dans les médias, Personne humaine • Vues: 1324

L’entretien : Julie Graziani. La prochaine Marche pour la vie se déroulera ce dimanche à Paris. Sa porte-parole plaide pour “une culture d’accueil de la vie”.

Qu’est-ce qui rassemble les participants à la Marche pour la vie ? 

Nous attendons des pouvoirs publics qu’ils soutiennent la vie quand elle est la plus vulnérable, à ses deux extrémités, quand elle commence et quand elle s’achève. Nous voulons qu’ils développent en France une culture d’accueil de la vie. Ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui.

Quel bilan faites-vous de la loi Veil ? 

Quarante ans après l’adoption de ce texte, nous réclamons un droit d’inventaire. Cette loi promettait de réduire le nombre d’avortements ; dans la réalité, leur nombre a explosé : près de 220 000 par an. Elle promettait de libérer les femmes des grossesses imposées ; quarante ans plus tard, ce sont les avortements qui sont imposés dans 80 % des cas : souvent par leurs parents pour les mineures, ou par leur compagnon pour les majeures. Elle promettait de rendre les femmes plus heureuses ; on n’ose plus parler du syndrome postabortif, on n’ose plus reconnaître la souffrance des femmes confrontées à ces situations douloureuses.

Le ministre a supprimé la condition de détresse posée par la loi Veil…

Tout est fait pour augmenter le nombre d’avortements. Nous ne sommes pas du tout dans une logique de prévention ou de réduction. Marisol Touraine a l’air de confondre la femme enceinte en situation de difficulté avec une militante du Planning familial… Les médecins n’ont même plus droit à l’objection de conscience ! Ce que nous voudrions, c’est pouvoir parler de tous ces problèmes sans dogme ni tabou. Rien n’est fait pour proposer une alternative à l’avortement. Globalement, la situation des femmes ne s’est pas améliorée grâce à cette loi. Nous sommes à côté de la plaque.

Quel message sur la fin de vie ? 

Le gouvernement s’est engagé dans une mauvaise voie, la voie de l’euthanasie. À pas comptés, sans prononcer le mot, mais cela ressort clairement des commentaires des différents ministres, après la remise du rapport Claeys-Leonetti. Il y a des choses intéressantes dans ce rapport. Le vrai problème, c’est que 80 % des patients qui devraient bénéficier de soins palliatifs n’y ont pas accès — ce qui alimente évidemment la demande euthanasique. Il faudrait donc que le gouvernement parte de ce constat pour développer une culture de soins, donc y consacrer de vrais moyens. En conclure qu’il faut légaliser l’euthanasie (sans l’avouer, qui plus est !), c’est faire fausse route.

www.enmarchepourlavie.fr

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